Flatland (la contrée plate)

Il y a près d'une centaine d'années, le Révérend Edwin A. Abbott, proviseur du lycée de la Cité de Londres, écrivit un petit livre sans prétention [...] intitulé Flatland (Flatland. A Romance in Many Dimensions, New York, Dover Publications, 1952.) [...]. Flatland est raconté par un habitant d'un monde bidimensionnel - c'est-à-dire ayant longueur et largeur mais point de hauteur -, un monde aussi plat qu'une feuille de papier couverte de lignes, triangles, carrés, etc. Les gens se meuvent librement à, ou plutôt dans, sa surface, mais ne peuvent, telles des ombres, s'élever au-dessus du plan ou s'y enfoncer. Inutile de dire que cette incapacité échappe à leur conscience : l'existence d'une troisième dimension - la hauteur - leur est inimaginable.

La suite

 

L'anneau de sagesse

Il était une fois un roi puissant, riche et cependant rongé par l’inquiétude : le monarque du royaume voisin menaçait ses frontières. Or, si le roi redoutait la maladie et craignait la vieillesse, il avait surtout une peur panique de la mort.

Il convoqua les sages du pays :
- Il existe, paraît-il, un anneau magique qui réjouit l’affligé et rend triste l’homme heureux. Trouvez-le, j’en ai besoin.

Le roi rêvait de la clé qui ouvre la porte du bonheur comme celle du malheur. Il souhaitait acquérir la maîtrise des sentiments et ne plus être le fantoche. Il voulait échapper pour toujours à la souffrance et à la mort. Les sages tinrent conseil sans parvenir à une conclusion. Ils se rendirent auprès d'un sage et demandèrent son aide.

Le sage ôta sa bague et la leur donna :
- Remettez cet anneau au roi, dit-il, et recommandez-lui de ne regarder sous le chaton que lorsqu'il se sentira à bout, désespéré. Sinon le message n'aura aucun effet.

La guerre ne tarda pas à éclater. Le roi, vaincu, prit la fuite. Il fit aller son cheval ventre à terre jusqu'à ce que la pauvre bête tombe morte d'épuisement. Le roi essaya de s'échapper à pied, mais dut admettre que les dés étaient jetés : devant lui s'ouvrait un précipice et l'ennemi était sur ses talons.

Soudain, il se souvint de l'anneau. Il l'ouvrit et lut ce qui y était finement gravé : "Ceci passera également..."